• autoportrait au col de foururre durer

    Il s’agit d’une huile sur bois de tilleul. Cette peinture est conservée à l’Alte Pinakothek de Munich. Cette œuvre est peinte par Albrecht Dürer (né le 21 mai 1471 - mort en 1528 à Nuremberg). On peut attribuer de manière certaine cette œuvre à Dürer grâce au monogramme présent à la droite du personnage représenté. Cette signature est accompagnée de la date de réalisation de l’œuvre, ce qui permet de la dater et de l’attribuer avec certitude.

    - Aspect général -
    Cet autoportrait représente un homme, jeune. Il s’agit d’une représentation de Dürer, donc d’un autoportrait. Celui-ci figure le peintre dans une attitude simple, calme et élégante. Le personnage est transposé de face, regardant le spectateur droit dans les yeux. Cette pose frontale de l’artiste laisse voir son corps en buste. La silhouette se détache du fond sombre par la teinte brune de l’habit dont est vêtu l’artiste. Son visage est clair, il est encadré par une chevelure de longues mèches dorées et bouclées, qui reposent sur les épaules de l’artiste. Aussi la construction du tableau est triangulaire, ce qui renvoie à un caractère sacré, celui de la Trinité. Enfin, la disposition du buste prend toute la largeur du tableau.

    - Rendu de la matière -
    Ensuite nous pouvons constater une harmonisation des couleurs dans toute cette œuvre. Dürer est habillé d’un manteau brun clair, sa chevelure est dorée et son teint clair se concilient doucement et harmonieusement avec le fond noir et neutre du tableau. C’est ainsi que l’artiste est vêtu d’un costume d’époque à col de fourrure. Pour ce qui est de la réalisation, le rendu des matières est très réel est poussé. Dürer est en effet connu pour sa perfection dans la représentation des matières, et de toutes les nuances des textures. Cette huile sur bois est donc un grand témoin de la maitrise exceptionnelle de l’artiste.
    Nous pouvons voir que la peinture est éclairée d’une douce lumière qui provient de la gauche du tableau et qui laisse la partie droite dans la pénombre. Cette éclat de lumière accentue des parties précises du personnage. C’est ainsi que le front, les yeux, la chevelure et surtout la main droite du peintre sont comme soulignés par la lumière dorée. Celle-ci n’est pas trop vive, elle se fond dans l’atmosphère cuivré du tableau, tout en s’harmonisant avec le reste de la composition.

    - Une image sacrée -
    Nous pouvons remarquer que malgré la posture centrale du personnage, sa main droite apparait tout de même au premier plan. On voit notamment que cette main possède des doigts courbés qui reposent sur le col de Dürer. Cette position particulière rappelle de manière certaine le geste sacré de la bénédiction.
    Du point de vue iconographique, Albrecht Dürer se livre avec ce tableau à une véritable réflexion sur l’acte même de peindre et sur le statut que peut avoir le peintre. C‘est alors que l’identification à la figure du Christ peut s’expliquer par une exaltation de la puissance créatrice du peintre, et en conséquence comme une reconnaissance du caractère divin de son pouvoir de création qui s’exprime à travers la main de l’artiste.

    - Un artiste qui aime à se représenter -
    Albrecht Dürer a très tôt fait preuve d’une certaine attirance pour les représentations de lui-même. C’est pour cela que de nombreux autoportraits de Dürer sont actuellement connus. Nous pouvons à l’heure actuelle affirmer que l’artiste aimait se représenter car il pouvait ainsi perfectionner son art et sa technique. L’avantage que représente cette quantité d’autoportrait est la connaissance quasi-parfaite que l’on peut faire de l’apparence physique du peintre.
    Bien que les autoportraits précédents que fait Albrecht Dürer veuillent montrer combien l’artiste était fier de son apparence physique et cherchait à se distinguer avec une légère vanité, celui étudié ici donne de Dürer une image toute différente.

    - Conclusion -
    L’autoportrait au col de fourrure de Dürer est alors une véritable innovation dans la manière de représenter et de se représenter. Ainsi l’artiste, à une époque charnière, commence de plus en plus à se demander qu’elle est sa place dans la société.
    C’est aussi avec cet autoportrait que Albrecht Dürer veut souligner le caractère divin de son art qu’il qualifie de « don de création », en se représentant à l’image du Christ dans une composition solennelle et hiératique.


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